[De retour de mon déménagement.]

C'est le titre de l'article que j'ai illustré pour Fakir juste avant finir les derniers cartons.

Parfois, quand on refait le monde, pas en bonne compagnie -mais on s'en aperçoit après-, on est jugé à la va-vite et les arguments tournent à l'insulte à peine masquée. Voir à l'hypocrisie : silence devant et derrière "quel gauchiste", "toujours à voir le mauvais côté", "on n'est pas si mal", "il voit pas les intérêts de la France", "il a qu'à aller vivre ailleurs", etc... Et la compagnie est mauvaise car il n'y a pas d'arguments (d'où le refuge dans le mépris). On peut ne pas être d'accord, pour de bonnes raisons, pour de mauvaises aussi (on n'est pas toujours de bonne foi etle sarcasme en définitive c'est pas bon, à l'inverse de l'ironie). Mais au moins on avance ses pions dans la discussion.

Il faut dire qu'à force d'écouter, de se renseigner, de fouiner, de philosopher, lire et regarder, on a souvent l'impression de ne voir que le méta-monde en gris. Alors on finit par croire ceux qui, à l'inverse, ne veulent jamais regarder le côté obscur, ceux qui laissent le pouvoir dans le creux des mains de nos élites, et qui leur font confiance : peut-être devient-on cynique, oui, quelqu'un de triste. On m'a appelé l'éternel révolté, y a pas longtemps ; ça sonnait pas comme un compliment...

Et puis, je reçois ce très bel article, qui m'a ému, à illustrer pour Fakir. Qui montre à quel point certains essayent de gagner du fric au delà de tout scrupule, de toute surveillance... On a jamais idée du néant engendré par le "zéro-scrupule". Et quand quelqu'un tire la sonnette d'alarme, on fait semblant de s'offusquer et on se dit "plus jamais ça", on met du maquillage, la caméra tourne et ça montre que le problème est réglé.

Combien de Mongolie se font littéralement saccager sans qu'on le sache aujourd'hui ? Combien d'êtres vivants sont en pleine souffrance, dans un l'ombre de notre "civilisation" ? 

pp-uranium-mongol-002

L’image contient peut-être : une personne ou plus et texte